PADERN
La possession de l'église de Padern (Paternum) est confirmée à l'Abbaye de La Grasse, dès le IXe siècle par les chartes carolingiennes, et forma le titre d'un Prieuré monachal, réuni à la manse abbatiale en 1322. Aliéné à titre précaire en 1578, époque d'une vente des biens du clergé de France, régulièrement autorisée par les deux puissances, ecclésiastique et séculière, pour subvenir aux finances du Royaume, épuisées par les guerres religieuses, la terre et seigneurie de Padern fut acquise par la maison de Vic, sortie du Roussillon. Cette maison posséda la seigneurie de Padern à travers des litiges judiciaires qui troublèrent sa possession, au moyen du remboursement aux acquéreurs, suivant les termes et la législation féodale, par acte du 26 mai 1706.
899 – Charte de Charles le Simple, adressée à Durand, abbé de Sainte-Marie
d'Orbieu, confirmative de la donation de Padern au dit monastère, par le Comte
Oliba.
908 – Charte confirmative, du même empereur, adressée à Witisa, abbé de
Sainte-Marie d'Orbieu : même termes que la précédente.
1024, Septembre – Acte de délaissement, par Ginabert et ses frères, de l'alen
de Marcano, Molet et Padern, qu'ils détenaient injustement, en faveur
d'Etienne, abbé, et des religieux de Sainte-Marie de La Grasse.
1248, Août – Lettres de Louis IX, au sénéchal de Carcassonne, pour faire
restituer à l'abbé et aux religieux de La Grasse, les lieux de Padern et du
Molhet, usurpés par Xatbert de Barbaira.
1283 – Transaction entre le Procureur du Roy en la sénéchaussée de
Carcassonne d'une part, et le syndic d'Auger, abbé du monastère de La Grasse,
sur les différends entre eux, touchant
les châteaux de Padern et de Mollet, que le dit Procureur du Roy, prétendait
appartenir à Sa Majesté, à cause des faydimens de Chatbert de Barbaira et de
Guillaume Raymond de Peyrepertuse, chevaliers, du temps de la guerre de
Trencavel Vicomte de Carcassonne, contre sa dite Majesté. La transaction est
confirmée par lettres du Roy Philippe le Bel, du mois d'Août 1284. Les lieux
litigieux restent à l'Abbaye de La Grasse, moyennant une somme d'argent, une
fois payée au Roi.
1379, Janvier 15 – Adjudication faite par le Commissaire subdélégué sur le
fait de l'aliénation du revenu du clergé de Narbonne, au sieur de Vic, de la
place et seigneurie de Padern, dépendante de l'Abbaye de La Grasse.
1379 – Reconnaissances du lieu de Padern, en faveur de Jean-Pierre de Vic,
capitaine de Termes, acquéreur de la terre de Padern.
1770 – Depuis l'année 1706, le chapitre de La Grasse possède la terre et la
seigneurie de Padern. L'acte de retrait et du 26 Mai 1706, retenu par Faure, notaire
de La Grasse. Le chapitre en est seul seigneur, haut, moyen et bas justicier,
direct et foncier.
Autrefois paroisse de l'ancien diocèse de
Narbonne, à la collation de l'abbé de La Grasse
aujourd'hui succursale du diocèse de Carcassonne,
doyenné de Tuchan. Patron : Saint-Pierre-ès-liens.
1195 Adémarius monachus et praepositus de
Paderno
1320 Bernadus Rogérius monachus et prépositus
1384 Ponsius Bruits, rector
1404 Burgundus Montishern, commorantis in
studio Carcassone ; Johannes Roberti, procuratus
1425 Jean Calventi, bachelier ès décrets,
recteur
1804, 4 Août Jean Vassal, né le 26/11/1743,
mort le 11/05/1833
1807, 4 Mai Joseph Alquier, né le 14/06/1758
1833, 1 Octobre Casimir Marquier, né le
10/04/1802
1837, 25 Novembre Guillaume Milhau, né le
7/03/1805
1843, 1 Juillet Joseph Roques, né le
20/10/1805
1845, 17 Mai Jean-Baptiste Maurel, né le
18/10/1819
1847, 15 Novembre Blaise Azibert, né le
31/10/1801
1851, 4 Avril Jean-Baptiste Fabre, né le
25/01/1814
1854, 22 Mai Raymond Guirail, né le
24/03/1839
1859, Etienne Villefranque, né en 1829.
Les Cabriers : Métairie
noble appartenant au sieur de Vic.
Campestremier : enclos bâti
sur le vaquant, à pierre sèche, appartenant au sieur de Vic.
Flouquier :Grande Bergerie
appartenant au sieur de Vic.
Marsa : bergerie éloignée
d'un quart de lieus de Padern, appartenant au sieur de Vic.
Moulin : Le sieur de Vic
possède un moulin à eau et à farine, aux portes de Padern.
Les Paillès : grande bergerie
appartenant au sieur de Vic
Murs : métairie
La Lauze, métairie
27 bergeries sans dénominations
particulières.
Le Courtal den Piquasse La Farrière Les
Alliens
Col du mur Le
Lauret Le
Gueicha
La Resclause La
Riuairole Le
Fourrage de la fontaine
Le Granier des casals Roumano Le
Devèz
Las Gleises Les
Grasols Le
Colde la Bruyère
Le Griminier Prat
de la Cal et le Penjal Roque
Négro
Le Courtal de Raynau La Serre dal Mouly Cambournac
La Lause et l'Oline L'Hobou Paleirolles
Les Ribes du Château Les Escampillassès La Foun dal Bouic
Malesanq Bajouncle Le
Rouvret, bois de chênes verts
La Maliole La
Fumades Le
Col
La Condamino La
Plaine Prat
d'en Amic
La Combo et Bergerie Clot d'Estand Le
Picou
Les Cassagnes Le
Tiradou Le
Gourg d'en Mestre
Prat du Mur Peyremortes Le Bès
Les Pauses Le
Fraissè Le
Parazal
Les Cols de Moulis Le Grementé ou Le Greminié La Pierre Morte
Prat de Nanni La
Brugo dal barthas La Gigude
Serrat d'en Vigné La Barraque de las Piques
Organisation Politique
Avant 1789 – Diocèse de
Narbonne, généralité de Montpellier.
La communauté des habitants du lieu de Padern
:
"d'Azur à un pal fuselé d'or et de
sinople"
(Armorial général du Languedoc, généralité de
Montpellier, page 1505)
Depuis l'an VIII –
Arrondissement de Carcassonne, canton de Tuchan.
Archives communale (inspection de 1842)
Registres municipaux : depuis 1821 ; de
l'Etat civil : remontent à 1690
1709 : Feux 34
1802 : Habitants : 354
1818 : Maisons : 80 ;
Habitants : 340
1826 : Habitants : 397
1831 : Habitants : 409
1836 : Habitants :519
1841 : Habitants :556
1846 : Habitants :558
1851 : Habitants :522
1856 : Habitants :558
1861 : Habitants :502
Padern est situé dans la
vallée formée par le confluent du Verdouble et du Torgan.
Limites territoriales :
Montgaillard, Tuchan, Paziols, Duilhac par pointe, Cucugnan, Dép. des P.O.
Distances légales (décret de
1811) : de Carcassonne, 80 Km ; de Tuchan, 8 Km
Cours d'eau : Le Verdouble
et le Torgan, rivières.
Ruisseaux : du pas de la
Court, de Bartas, de la Tartière, des Crabiès,
de Pech-haut, de la goutine, des Cazals, de
Tistoulet.
Fontaine et ruisseau de Bajouncla, torrent du
Picon
Chemins : chemin royal de
Tuchan (17e siècle), chemin de Massac à Padern,
chemin de Cucugnan, des Bains de Rennes à
Tuchan.
Agriculture : Vignes,
coignassiers, amandiers, oliviers, chêne verts et blancs,
buis, grenadiers, cormiers, cerisiers
Terrain jurassique,
filons cuivreux, bande de gypse, porphyre ophite. Col de Carbous, à 3
kilomètres au sud de Padern.
En 1839, mine de cuivre
et de plomb argentifère, située dans les communes de Padern et de Montgaillard.
Elle a été entreprise par la société Gary. Depuis plusieurs années, on y a
établi de grands travaux de recherche, dont l'activité vient de se ralentir un
peu. Ses minerais, dont il y a plusieurs gîtes, sont remarquables par leur
richesse en argent.
En 1840, les filons de
cuivre gris argentifère et de cuivre carbonaté de Padern, dont les
affleurements avaient fait concevoir de belles espérances, ont été reconnus
présenter peu de profondeur dans la montagne, comme s'amincissant d'une manière
rapide à partir de la crête.
En 1843, des travaux
entrepris dans la commune de Padern, n'ont emmené que des pertes et ont été
abandonnés.
Les forges de Padern,
sont à fer ; à la Catalane : propriété d'origine bationale.
En 1802, cette forge,
environnée de montagne affreuses et de l'accès le plus difficile, appartient à
la veuve du Général Dagobert : elle chôme entièrement pendant les mois de
Thermidor, fructidor, vendémaiaire et brumaire ; elle n'a pas de martinet, mais
il serait aisé d'en établir un, à la place d'un moulin à farine dont on peut se
passer. Elle est bien approvisionnée en minerai, mais elle ne peut se procurer
que très difficilement le combustible.
En 1818, situation
difficile, éloignée des forêts, elle est pour ainsi dire sans ressource pour
son approvisionnement en charbon ; aussi ses travaux sont-ils le plus souvent
interrompu.
TOUS CES RENSEIGNEMENTS PROVIENNENT DU
"CARTULAIRE
ET ARCHIVES DES COMMUNES DE L'ANCIEN DIOCESE
DE CARCASSONNE"
de
Jacques Alphonse MAHUL (1795-1871)
Ancien député de l'Aude, retiré dans sa terre de Villardonnel, commence à publier en 1857 le premier volume
de son cartulaire. Son érudition historique, son amitié avec plusieurs historiens régionaux lui permettent de présenter
en sept volumes, un ouvrage savant, mais aussi facile à parcourir en raison de son classement méthodique